ALAIN BORER

Poète, critique d’art, essayiste, romancier, dramaturge, écrivain-voyageur, rimbaldien

ŒUVRES > Théâtre > Le Quadrige invectif

Le Quadrige invectif – d’Alain Borer

Sur scène, Richard Mille, l’inventeur des montres cosmiques, qui portent son nom, défient le temps. Dans sa Bugatti il mène une course au temps qui dure une heure pile, montre Mille en main, contre Fausto Coppi la légende du Tour, Pégase le cheval ailé et Let’s go darling, une pouliche de compétition qui compromet la course. Le Quadrige invectif (où les compétiteurs s’invectivent), est aussi la course du soleil dans notre ciel, vue de près et par-dessous : vaudeville métaphysique, cette pièce d’Alain Borer fut saluée comme un nouveau Jarry à Avignon en 2007, à l’invitation d’Édouard Glissant. Dernière pièce en vers (parfois de mirliton) de la littérature française publiée en grande maison, le Seuil, sous le titre Icare & I don’t, ce Quadrige inventif cherche la jonction totale entre théâtre, poésie et peinture : le lieu originel en est l’atelier du peintre Pierre Antoniucci, dont les « objouets » font le lieu de ce « drame contemplatif » effréné. La presse : « les spectateurs sortent hilares et enchantés ». Pourquoi hilares ?! C’est une tragédie ! Disons une hilarotragédie. Prix Apollinaire 2007.

Le Quadrige invectif
Lecture au théâtre de la Chapelle du Verbe Incarné
Avignon 17 juillet 2007
avec John Arnold, Jean-Claude Dreyfus, Claire et Bruno Sermonne
mise en scène Tonia Galievsky

Chapitre 1
Le vent se levait sur la montagne des Langues. Koba debout sur le toit plat de sa cabane interrogeait ces derniers nuages libres qui planaient contre les parois du canyon, puis les falaises infranchissables dressées presque verticalement à près de deux mille mètres au-dessus du village, quand le ciel un instant entrevu se referma : les sommets disparurent et l’orage s’effondra sur la muraille de schistes noirs, tandis que Koba, ne distinguant plus autour de lui que la sombre étoupe du nuage, sentit sous ses bottes les rondins du toit dériver tel un radeau, et que, tout en bas, la stridence continue du vent couvrait le grondement fou et glacé du Terek encore jeune, éclaboussant d’écume, qui n’avait jamais cessé de résonner entre ces massifs du Caucase.

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Chapitre 5
C’était une battue dans la steppe d’Amourrou, énorme et lugubre espace de sel et de cendres chaudes qui borde la Mésopotamie au Coucher de Soleil, puis à travers l’intarissable désert de Syrie où les Abreks avançaient sans rien prendre dans leurs filets que des casques emplis de crânes poudreux et les ossements blanchissants des anciens voyageurs, squelettes penchés dans le sens du vent, amoncelés où l’on avait combattu, épars où l’on avait fui…

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Représentation

15 juin 2014
Petit Théâtre des Balcons, Ferriere Larçon (37)
18 octobre 2014
Médiathèque de Mérignac (33)
22 novembre 2014
en gare de Chaumussay (37)
23 avril 2016
Espace Jacques Villeret, Tours (37)
15 mai 2016
Festival Etonnants Voyageurs, Saint-Malo (35)

Livres

Richard Mille,
Le Cercle d’Art, 2005